Conseil de quartier Gare – Jean Jaurès — 27 février 2017

Lors du conseil de quartier du 15 septembre 2016, de nombreux habitants étaient venus se plaindre de l’insécurité régnant depuis plusieurs mois, faisant état de trafics en tout genre et de cambriolages. ◼︎ Sarah Taillebois avait promis une lettre au maire ◼︎ Jean-Claude Kennedy et à l’élu en charge de ces questions, ◼︎ Rémi Chicot. Ce conseil de quartier a pour objectif de dresser un point de situation et d’échanger avec les habitants quant à la sécurité dans le secteur Guy-Môquet.

La réunion débute à 19h10, selon l’ordre du jour communiqué dans la convocation — tardive — datée du 20 février :

  1. Sécurité et circulation sur le secteur Guy-Môquet
  2. Questions diverses

Elle est animée par ◼︎ Sarah Taillebois, 6e adjointe au maire et élue référente du quartier, et par ◼︎ Sonia Guénine, 14e adjointe au maire et élue référente du quartier. Une quinzaine d’habitants de quartier sont présents ainsi qu’une douzaine d’intervenants représentants d’institutions, parmi lesquelles :

  • la mairie : ◼︎ Rémi Chicot (3e adjoint) et Najib Nocer (direction Voirie) ;
  • la police nationale : commissaire Vincent Messager ;
  • la police municipale : Clémence Allamèle ;
  • le Comité Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) ;
  • la Semise : Bernard Florès.

La couleur du pictogramme ◼︎ rappelle le groupe municipal auquel appartient l’élu(e). D’autres informations sur les élu(e)s sont consultables dans l’observatoire citoyen, sur ce même blog.

Sécurité et circulation sur le secteur Guy-Môquet

Introduction

◼︎ Sarah Taillebois précise à nouveau que le conseil de quartier n’est pas une permanence d’élus et qu’il ne doit donc traiter que de sujets collectifs. Elle indique qu’un comité de pilotage a été monté sur le sujet avec les acteurs institutionnels dont de nombreux représentants participent à la réunion de ce soir.

Mesures prises entre 2011 et 2014

Najib Nocer, représentant de la direction Voirie, rappelle les installations faites entre 2011 et 2014 avec pour objectif de régler la situation sur le secteur de l’avenue Jean-Jaurès à la rue des Marguerites. Ces aménagements, d’un coût de plus de 170 000 €, n’ont pas porté les résultats attendus :

  • fermeture de l’accès Guy-Môquet par l’avenue Jean-Jaurès par des barrières vandalisées régulièrement ;
  • aménagement pour rendre la voie passante et accessible pour les livraisons du Carrefour City et de la Banque Populaire, vandalisé ;
  • installation de bornes escamotables et bornes coulées en béton afin de matérialiser une voie de livraison et une voie passante et tenter d’occuper un peu l’espace public, vandalisées par une attaque à la masse.

Une représentante du Comité Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) prend la parole pour expliquer son périmètre d’action. Le CLSPD fait un travail avec la police municipale, le bailleur social et les habitants de la place Jean-Martin pour intervenir du point de vue de la tranquillité publique, parallèlement aux travaux de voirie. La police a pu avoir suffisamment d’éléments pour calmer la situation sur la période 2014-2015. Toutefois, « les réponses pénales étant limitées dans le temps, la situation d’occupation a repris quelques mois plus tard ».

◼︎ Rémi Chicot, 3e adjoint au maire — chargé des questions relatives aux circulations, de la sécurité publique, de la police municipale et de la prévention de la délinquance — se veut rassurant quant à l’action municipale et affirme que « ce ne sont pas des questions que nous découvrons » car le sujet était déjà suivi par Patricia Morin-Payé, ancienne commissaire de police de Vitry-sur-Seine. Il indique que le courrier reçu en réaction des plaintes des habitants lors des différentes réunions publiques « décrivait (…) une réalité que l’on ne peut pas ignorer » et reconnaît que ce secteur constitue « un de ces points de fixation » présents dans la ville.

Situation vue de la police nationale

Vincent Messager est commissaire central de police à Vitry-sur-Seine, depuis le 4 avril 2016, et représente à ce conseil de quartier la police nationale. Il rappelle que chaque acteur peut faire des choses dans son domaine mais ne peut pas tout faire. Si la police intervient a posteriori, elle mène aussi des actions de prévention et de dissuasion. Il précise que la qualification des infractions est primordiale car cela induit les sanctions qui pourront être prises et qu’il ne faut pas mélanger les faits : « un individu qui fume un joint, ce n’est pas un trafiquant de stupéfiants ! » (un trafic sous-entend l’existence d’un réseau et relève de la Direction Centrale de la Police Judiciaire). Ici, il s’agit de « consommation personnelle » ou, au pire, de « deal de rue ».

Il revient sur le périmètre de ses attributions et sur les moyens mis à sa disposition. Il doit assurer une mission de sécurité publique, sans toutefois avoir les moyens d’investigation nécessaires car cela demande des effectifs dédiés. La vocation de la police est d’être partout, ce qui conduit à la comparaison avec un médecin urgentiste. Pour mener à bien cette mission, il faut la participation active de tous (il insiste sur le fait que ce n’est pas de la délation) car le temps qui n’est pas passé à réunir des preuves est du temps libre pour se consacrer à d’autres affaires. La police nationale compte un effectif théorique de 155 agents sur Vitry-sur-Seine. Bien qu’ils assurent des cycles nycthéméraux (présence 24h/24), ils ne peuvent pas être présents en tous lieux en permanence, ce qui oblige à réaliser des arbitrages en fonction de l’urgence. Le relais incontournable de la police est donc les riverains et « le meilleur allié », « ce sont les caméras de vidéosurveillance » qui se révèlent être un « allié objectif situationnel ».

Implication des habitants

Jean-Louis Rouvet, habitant du quartier et secrétaire de l’association Team, revient sur les aménagements réalisés mais rapidement vandalisés. Selon lui, ils ont été dégradés parce que les bornes étaient accessibles par l’extérieur, le résultat aurait été différent si elles avaient été installées à l’intérieur des locaux de la banque et du supermarché. Il ajoute qu’il y aurait également de la prostitution dans le parking souterrain. Il évoque les problématiques de caches de la drogue. La police municipale et la police nationale passent régulièrement mais l’organisation du « trafic » ne permet pas des prises sur le fait car des mineurs font le « chouf » et vont chercher la drogue vendue par des personnes majeures. Le commissaire réaffirme la nécessité de chacun d’être impliqué. « Si, en tant que riverains, (…) vous avez la possibilité (…) avec un système de relais, si vous voyez où la drogue est planquée (…), pourquoi vous n’allez pas la prendre et nous la ramener ? »

La solution à tous ces problèmes serait une occupation différente de l’espace public, mise en avant par le CLSPD et les élus présents. Si ◼︎ Sarah Taillebois demande que « les habitants se saisissent de l’animation de la place », ◼︎ Rémi Chicot reconnaît que la construction sur l’espace public est pensée « dans le cadre d’une ville idéale », sans prendre en compte les usages détournés qui pourraient en être fait. Il admet que ce « spot » est un « coin stratégique pour faire du petit commerce de proximité » et rappelle que quiconque peut témoigner en tout anonymat.

Actions de la Semise, bailleur social

Bernard Florès, directeur de l’unité de gestion est à la Semise, se défend des actions menées par le bailleur en énonçant les mesures prises : fiches de signalement remontées chaque semaine, autorisation permanente d’intervenir donnée à la police, plaintes. Il indique que la possibilité de résiliation du bail qui existe est une procédure très longue et difficile. Il se dit « pas fermé » à des aménagements car « ces squats posent de gros problèmes ».

Présentation des aménagements en cours de réflexion

De nouveaux aménagements sont en cours de réflexion et une proposition est présentée et commentée par Najib Nocer, pour un coût non budgété avoisinant les 300 000 €. L’objectif est de « réoccuper l’espace », de « rendre la voie plus urbaine et moins chantier », en rendant la rue plus passante et en permettant la création de sept à huit places de stationnement. C’est un aménagement « assez simple » qui va permettre d’uniformiser les revêtements mais qui va amener plus de trafic. Aucune place de livraison n’est prévue sur ce secteur, une « redéfinition globale des places de livraison » doit être faite au niveau de la ville, en lien avec le département.

Rôle de la vidéosurveillance et de la vidéoprotection

NDLR : pour rappel, la vidéosurveillance désigne les systèmes installés sur des emprises privées, alors que la vidéoprotection concerne les espaces publics.

La Semise a mis en place la vidéosurveillance dans plusieurs de ses résidences, ce qui s’est révélé utile dans le cadre d’agression mais pas pour les squats de hall. ◼︎ Sonia Guénine « pense qu’il faut faire attention à ne pas dire que c’est la solution avec un grand S ». ◼︎ Rémi Chicot y voit « une question qui est dans une maturation complexe ». « Il y a ceux qui typiquement sont pour, il y a ceux qui sont vigilants mais attentifs parce qu’il y a peut-être des solutions à voir là-dedans et puis il y a ceux qui restent contre. » Selon lui, il ne faut pas « s’enfermer dans des partis pris idéologiques, et dans un sens et dans l’autre » et ajoute qu’« il y aussi des limites », en faisant référence à l’attentat de Nice de 2016. La réflexion est instruite au niveau de la municipalité, notamment au sujet du « problème important et récurrent » des dépôts sauvages, pour lequel « on a un dossier épais comme ça sur tous les signalements ». Si des expérimentations de surveillance pourraient être menées « car cela coûte de l’argent à la ville », il met toutefois en avant le coût important que représenterait la mise en place.

NDLR : il s’avère en fait que la vidéoprotection a plus vocation à permettre les investigations a posteriori, plutôt que de prévenir d’un attentat tel que celui qui a eu lieu à Nice. Par ailleurs, le coût reste certes conséquent mais des financements de l’État et de la Région — récemment renforcés — peuvent prendre en charge environ la moitié. Aussi, il nous paraît opportun de profiter de ce contexte financier favorable. Sans quoi notre ville risque de perdre le bénéfice de ces subventions, ainsi que l’opportunité d’améliorer la sécurité dans notre ville ainsi que le sentiment de sécurité perçu par les Vitriots.

Questions diverses

Les questions diverses abordent des sujets déjà évoqués lors des conseils de quartier précédents :

  1. le problème de stationnement sur les rues de l’Entente, de la Gaité et de la Paix ;
  2. la vitesse sur la rue Aglaé-Cretté.

La séance est levée à 21h, après avoir convenu du prochain Conseil de quartier le 2 mai 2017 à 19h.

Attribution des images: Christophe Jaubert / DR.

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