Les campements sauvages à Vitry-sur-Seine

Dans le mensuel municipal de décembre 2016, la tribune du groupe communiste, signée par l’adjointe Sonia Guenine, mentionnait ceci :

À Vitry, nous vivons bien ensemble ! Plus de 50 nationalités ou origines se côtoient au quotidien, discutent, partagent des activités.

Outre le fait que l’établissement de statistiques d’ « origines » pose question, force est de constater que le bien-vivre-ensemble — dont les diverses gauches nous rabattent les oreilles — est inversement vrai au nombre de fois où l’on en parle. Comme si ces mouvements d’ (extrême) gauche cherchaient à se convaincre eux-mêmes de la réussite de leur politique, à défaut de convaincre les Vitriots.

Des euros… pour les élus

Le bien-vivre-ensemble, tel qu’il est vécu à Vitry-sur-Seine, ce sont des habitants globalement très pauvres, auxquels l’on n’offre quasiment aucune perspective d’emploi : « le Grand Capital paiera ! »

Grâce à cela, la ville encaisse depuis plusieurs années, parmi d’autres mécanismes de péréquation, la Dotation de Solidarité Urbaine. Cela lui permet d’être considérée par l’État comme ville de strate supérieure. Ainsi, Vitry-sur-Seine est virtuellement considérée comme une ville de 100 000 habitants, alors que l’Insee a dernièrement recensé 90 075 habitants.

Ce surclassement n’est pas neutre, notamment en ce qui concerne la rémunération des élus du conseil municipal. Par exemple l’indemnité brute du maire, sans considérer ses autres mandats également indemnisés, s’élève à 6 139,38 EUR au lieu de 4 2016,71 EUR (110% de l’indice 1015). Les adjoints ne sont pas en reste, avec une indemnité brute relevée à 2 016,36 EUR au lieu des 1 682,68 EUR correspondant aux villes de 90 000 habitants. Vous retrouverez plus d’informations dans l’observatoire citoyen en cours d’élaboration, sur ce blog.

En résumé, plus les habitants sont pauvres, plus les élus sont riches. Faut-il s’étonner ensuite que la situation de notre ville n’évolue guère ? Cherchez l’erreur !

Une réalité peu glorieuse

Le bien-vivre-ensemble, tel qu’il est vécu à Vitry-sur-Seine, ce sont des familles qui exposent, tout au long de la journée, leurs enfants en bas âge sur des sorties d’autoroute interdites aux piétons, à la pollution et à des risques d’accident grave.

Le bien-vivre-ensemble, tel qu’il est vécu par les Vitriots, c’est d’être massivement parqués dans la ville, idéalement dans des Immeubles de Grande Hauteur. Bien que le niveau de confort et de salubrité de ces habitats reste parfois très relatif, la ville de Vitry-sur-Seine ne cesse pour autant de vanter les mérites de sa politique, en matière de logement !

Pour encourager le consentement de ces habitants qui n’ont hélas, pour bon nombre d’entre eux, pas eu le privilège de voir autre chose que leur environnement immédiat, on leur vante les supposés mérites de leur situation. « Nous n’irons pas à Avignon » lisait-on début juillet, comme si « bouder » le festival d’Avignon était un choix dont il fallait, en plus, être fiers.

Le bien-vivre-ensemble, tel qu’il est vécu à Vitry-sur-Seine, c’est de devoir subir bénéficier de l’un des plus grands garages à ciel ouvert dans la ville, rue Léon-Geffroy et avenue du Groupe-Manouchian. Mais notre bon maire et sa majorité n’oublieront pas de mentionner dans leurs discours, la main sur le cœur, leurs préoccupations pour le respect de l’environnement et la fonte des recettes fiscales de la ville.

Quid des campements sauvages ?

Le bien-vivre-ensemble, tel qu’il est vécu à Vitry-sur-Seine, ce sont aussi les installations sauvages de personnes, dont la légalité du séjour sur notre territoire reste à déterminer. Bien que ce sujet soit régulièrement évoqué lors des conseils de quartier, la majorité communo-socialiste continue à feindre l’ignorance et l’étonnement et, comme à son habitude, n’apporte aucune réponse concrète.

Afin d’étayer ce propos, voici le courriel envoyé par une Vitriote, le 1er décembre 2016, à l’une des deux adjointes au maire référentes du conseil de quartier du Plateau.

Madame Taillebois,
 
Faisant suite à nos échanges lors de l’Assemblée Générale du quartier du Plateau
le 29 novembre dernier, je reviens vers vous concernant le campement sauvage
de Roms sis 90 rue Paul Armangot.


Afin de vous épargner le temps de la recherche du propriétaire, je joins à ce
courriel, la matrice cadastrale obtenue auprès du CIDF de Créteil (document 
mis à jour en sept 2016).
 
La commune de Vitry a acheté ce terrain à un particulier en 2014 et paie donc
l’impôt foncier sur ce bien depuis 2015 (parcelle de 400 m2).
 
Vous dîtes que la commune est très vigilante concernant les maisons ou terrains
privés laissés à l’abandon et que vous adressez des courriers aux propriétaires
afin de les mettre en garde contre les dangers d’intrusion, de squat et de leur
préconiser des aménagements pour protéger leur bien.
 
Pourquoi n’avez-vous pas appliqué ces consignes pour cette parcelle ?
 
Des Roms s'y sont installés depuis deux mois. Je vous laisse aller constater par
vous-même l’état d’extrême insalubrité du campement dont vous ignoriez l'existence
au 29 novembre 2016 selon vos dires.

Quelle procédure allez vous engager contre cette occupation illégale ?
Je tiens à rappeler ici que ce n'est malheureusement pas le seul et unique
campement sauvage dans le quartier. En témoignent les parcelles occupées
rue Meissonier. Et il en existe d'autres dans un périmètre restreint.
 
Dans son édito de "Vitry le mensuel" du mois de novembre 2016, Mr le Maire écrit :
"Nous nous attachons à rendre la ville plus agréable à vivre".

Demandez aux riverains de ces squats combien il est agréable de vivre près de
déchetteries à ciel ouvert ! Par ailleurs, quel est le coût pour les contribuables
de Vitry des enlèvements répétés des dépôts d'immondices sur ou aux abords de ces
campements ? 
 
Comme vous avez pu le constater lors de l'Assemblée Générale de quartier du
29 novembre et du conseil de quartier le lendemain, cette problématique des squats
de Roms cristallisent à juste titre les tensions et dégrade la qualité de vie
des habitants du plateau de Vitry.
 
La mairie va t-elle laisser la situation s'aggraver ?
 
Je vous remercie par avance de vos réponses que je ne manquerai pas de diffuser
aux personnes qui ont connaissance de mon courriel.
 
Cordialement,
Madame Valenti
Habitante du Plateau

La résignation ne doit pas être au programme !

Des solutions existent et ne sont pas nécessairement coûteuses. Il serait par exemple possible de :

  • libérer l’action de la police municipale et lui confier davantage de missions, que la traversée des enfants devant les écoles et la verbalisation en zone bleue : ces deux missions peuvent par ailleurs être assumées par des Agents de Surveillance de la Voie Publique (ASVP), dont la rémunération est moins onéreuse pour la municipalité que celle des policiers municipaux ;
  • revoir la distribution des subventions aux associations, dont l’enveloppe globale est de près de quatre millions d’euros et dont la transparence gagnerait à être développée : par exemple, est-ce bien le rôle d’une mairie de financer un syndicat tel que la CGT, à hauteur de 16 965 EUR tous les ans, avec l’argent des Vitriots ?
  • créer un local associatif destiné à permettre l’exercice de la mécanique aux plus démunis, au lieu de permettre quotidiennement à ce que nos axes principaux soient souillés (écologiquement et visuellement) par les nombreux ateliers sauvages à ciel ouvert.

Ces trois exemples ne sont qu’une sélection visant à illustrer les nombreuses possibilités qui existent.

Il s’agit avant tout d’une question de compétence et de volonté politique : certaines de ces actions sont possibles, sans que cela coûte un seul euro supplémentaire aux Vitriots.

Cette volonté politique, hélas, fait aujourd’hui défaut.

Attribution des images: Sarah Benamar / DR.

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