Quand la ville manipule les Vitriots : PNRU ou NPRU ?

Les 200 quartiers du NPNRU 2014-2024

Synopsis (pour les lecteurs pressés)

Afin de faire croire aux Vitriots que les nombreuses opérations ANRU qui ont lieu sur notre ville sont du fait de la ville, la majorité municipale socialo-communiste ainsi que les cadres dirigeants de la mairie utilisent le sigle NPRU.

Il faut en fait parler du (N)PNRU : (Nouveau) Programme National de Rénovation Urbaine. tweet

Cette astuce de communicant s’inscrit dans une stratégie plus large de désinformation de la ville, envers ses habitants.

Lorsque l’État restreint ses dotations, la ville hurle à qui veut bien l’entendre qu’elle est spoliée. Lorsque ce même État apporte des dizaines de millions d’euros à la commune, cela est relayé très timidement par la ville… qui tente au passage de s’en approprier la paternité, espérant que cette désinformation lui apporte des électeurs aux prochaines élections municipales.

En détail

Apparu début 2015 dans la propagande communication de notre municipalité, le sigle NPRU n’a choqué personne. On pourrait presque croire à une dyslexie de la part de ses auteurs, tant il est proche du sigle officiel PNRU.

Or loin d’être une simple coquille, il s’agit de l’une des nombreuses astuces des élus et de la direction de la communication de notre commune, pour s’approprier les fruits (électoraux ?) d’une initiative qui n’est pas de leur fait.

La différence est très simple :

  • PNRU signifie Programme National pour la Rénovation Urbaine (sigle officiel utilisé par l’ANRU, l’Association Nationale pour la Rénovation Urbaine qui est le réel pilote du PNRU et son premier financeur, à hauteur de 25%) ;
  • NPRU signifie Nouveau Programme de Rénovation Urbaine.
Signature de l'ANRU : plus d'innovation, plus d'investissement dans les quartiers

Logo de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine

Certes, il y a eu deux programmes nationaux de rénovation urbaine, appelés dans le jargon ANRU1 et ANRU2. C’est la raison pour laquelle, toujours sur le site Internet de l’ANRU, on trouve le sigle NPNRU : Nouveau Programme National de Rénovation Urbaine.

Mais à Vitry-sur-Seine, on ne fait décidément pas les choses comme les autres… surtout lorsque cela arrange la majorité communiste en place (rappelons-le : depuis 1925). C’est donc l’adjectif « National » qui fera les frais de l’effort de propagande et disparaîtra du sigle local, lequel devient NPRU. Exit, l’impulsion déterminante de l’échelon national : l’ANRU devient NPRU, voire même une conception maison intitulée « Projet Coeur de Ville ». Cela est tellement lyrique que l’on en aurait presque la larme à l’oeil…

Ce stratagème permet donc de faire croire aux habitants que les chantiers du PNRU sont du fait de la ville : habile, n’est-ce pas ? « Un choix politique », selon la direction de la communication. Ainsi, « choix politique » serait-il un néologisme pour « prendre les habitants pour des imbéciles » ?

ANRU 1 « Balzac – Touraine – Marronniers »

Heureusement, les Vitriots ne s’y trompent pas. Même s’ils ne sont pas tous au fait des des nombreux montages administratifs possibles, ils voient bien au nombre de travaux actuellement en cours que l’État français investit beaucoup d’argent dans notre ville. Il est en effet devenu urgent que nous puissions rattraper le retard pris, au cours des dernières décennies : emploi, richesse par habitant, urbanisme, qualité de vie, image de la ville…

Les Vitriots remarqueront, en outre, que ce subterfuge s’inscrit dans une véritable stratégie de désinformation de la part de la municipalité envers ses habitants.

Aperçu de la pétition sur mesopinions.com au 7 mars 2016

Lorsque l’État annonce une baisse (certes conséquente) des dotations aux collectivités, la ville se répand en banderoles, pétitions et réunions diverses dans toute la ville, sous le mantra « Rendez-nous nos 24 millions ». Mais lorsque l’État verse 30 millions d’euros à la ville, dans le cadre du Contrat d’Intérêt National des Grandes Ardoines, cela est rapidement mentionné dans deux pages du Vitry mensuel (d’avril 2017) et aussi vite oublié. Et encore, cela l’est évidemment sous une démarche propagandiste : « Vitry obtient un engagement fort de la part de l’État », lira-t-on…

Ainsi, lorsqu’il y a quelque chose de critiquable, la ville se précipite pour en rejeter la faute sur l’État que ce soit à tort ou à raison : peu importe. En revanche quand c’est ce même État qui vient à notre secours, la ville ne tarde jamais à s’en approprier la paternité.

« Un choix politique », vous dit-on !

Attribution des images: Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports / DR, Christophe Jaubert / DR.

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