Rencontre avec les associations — vendredi 11 mars 2016

Rencontre avec les associations - Sièges vides à l'hôtel de ville de Vitry-sur-Seine

Synopsis

Cette rencontre avec les associations fait partie des rendez-vous « exceptionnels » fixés par la municipalité avec les Vitriots, dans la lettre de quatre pages distribuée en boîtes aux lettres et intitulée Ensemble, faisons entendre nos besoins. Cette même lettre de quatre pages était également posée sur les sièges, afin de conditionner chacun en rappelant qu’il est l’heure de la Lutte.

À l’occasion d’un long monologue introductif, le maire ◼︎ Jean-Claude Kennedy servira la synthèse réchauffée du discours qui a été relayé à chaque conseil de quartier, à savoir :

  • la menace du levier fiscal (augmentation d’impôts) ;
  • l’intimidation à la réduction des services offerts aux Vitriots ;
  • le chantage à l’école (report à une date indéfinie de travaux nécessaires, les écoles étant assidument citées pour exemple).

Il faut en effet savoir que c’est avec ce même argumentaire que les élus communistes ont investi leurs conseils de quartier respectifs en service commandé — avec plus ou moins de discrétion et de succès — visant à manipuler les Vitriots avec ce raisonnement en entonnoir. tweet

Puisqu’aucune des « solutions » présentées ne pouvait effectivement être convenable, les habitants avaient donc l’impression de réaliser par eux-mêmes qu’ils étaient dans la même impasse que l’équipe municipale, et que cette équation était nécessairement insoluble. Quel être normalement constitué voudrait en effet payer plus d’impôts, ne plus avoir de services municipaux ou encore laisser les écoles se délabrer ? tweet

C’est à ces moments précis qu’était annoncée par les élus référents (communistes) des conseils de quartier LA solution inespérée : la lutte, en forme de pétition et de revendication au bureau du préfet. tweet

Lors des échanges qui ont suivi avec l’auditoire, deux tendances se sont dégagées :

  • le relai de la stratégie communiste de lutte, qui se conclura par une proposition de motion soi-disant « improvisée » sur le tas ;
  • le souhait d’une position pragmatique, certains responsables d’association défendant la possibilité pour une association de vivre sans subvention, de mutualiser les moyens dupliqués mis en oeuvre pour chaque association ou encore de faire appel au numérique pour optimiser les coûts.

Alors que ces deux types d’interventions étaient équilibrés en nombre, les souhaits de pragmatisme n’ont pas été entendus, au grand dam de certains responsables d’association dont l’un d’entre eux a souhaité repréciser son propos, pensant peut-être un peu naïvement ne pas avoir été compris la première fois. Mais une telle attitude était simplement à l’extrême opposé de la stratégie de la majorité communiste : la conclusion de cette rencontre ne pouvait donc être celle-ci.

En ce sens, écrire dans le compte-rendu officiel de cette réunion que la motion — dont le projet n’a été soutenu que par quelques unes des personnes présentes — a été « plébiscitée » est intellectuellement malhonnête. Mais à Vitry-sur-Seine, est-on à une approximation près, si cela peut servir la Cause ?

Introduction

◼︎ Jean-Claude Kennedy

Maire de Vitry-sur-Seine

Les objectifs de cette rencontre sont les suivants :

  • vous informer de la situation telle qu’elle est aujourd’hui et sur la manière dont la municipalité la gère ;
  • vous interroger sur la manière dont vous souhaitez vous impliquer pour faire bouger les lignes, car tout n’est pas encore écrit (sic).

L’amélioration du quotidien des habitants, c’est la seule motivation qui nous guide.

L’équipe exécutive a été élue sur la base d’un programme municipal. Pour mettre en oeuvre [ce programme], on a besoin des moyens qui sont les nôtres. Entre le moment où l’on a écrit ce programme et aujourd’hui, les données sont nouvelles. C’est de cela dont il faut que l’on parle, si l’on veut aller au bout des engagements que l’on a pris.

Ce n’est pas pour flatter le mouvement associatif que je le dis, mais c’est pour reconnaître la place que vous avez dans notre ville et notre territoire. Vous le faites au travers d’outils dans notre ville, dont certains ont plus de cinquante ans. D’autres élus avant moi avaient anticipé que le mouvement associatif était l’une des composantes de la démocratie. Ces outils sont :

Les subventions

Cela paraît évident mais lorsque l’on fait le tour de toutes les villes, tout le monde n’a pas le même souci de soutien aux associations. À Vitry-sur-Seine, plus de 200 associations qui sont soutenues, pour un budget d’environ quatre millions d’euros. Ce n’est pas anodin dans le budget municipal.

Il apparaît en fait qu’en 2015, ce sont environ 360 associations qui ont été soutenues — strictement sur un plan financier — pour un montant global de 3,6 M EUR. tweet

Nous apportons d’autres soutiens aux associations : logistique, accompagnement de projets sous diverses formes…

Panem et circenses — Du pain et des jeux

J’insiste sur le fait d’accompagner le mouvement associatif. Il n’y a pas de volonté d’intervenir dans la manière dont les associations veulent réaliser leurs projets (sic), sous réserve toutefois du respect de la loi.

C’est votre présence et votre action pendant les grands moments de la vie locale qui est déterminante. Par exemple, des fêtes comme celle des Lilas ne pourraient être ce qu’elles sont, sans la participation des associations. De même que pour la Fête des barques, la Fête des Berges, la Fête de l’Oh. On fait des fêtes adaptées à la fois à l’eau, au Plateau et au Coteau.

On aimerait faire plus. On réfléchit à faire plus et à faire mieux, mais on est aussi dans des contraintes qui ne permettent pas toujours d’accompagner les projets de la meilleure façon.

Je remercie les personnels qui, toute l’année, accompagnent les associations sur le terrain. Je ne peux pas les citer, car je devrais presque citer toute la ville.

Ainsi, il est très clair que le coût réel du soutien aux associations est nettement plus important que les 3,6 millions d’euros mentionnés dans l’annexe « subventions » du budget de la ville. tweet

La situation d’aujourd’hui est ce qui motive notre rencontre de ce jour, pour vous faire part de nos inquiétudes sur le devenir de nos finances locales. Ce ne sont pas des inquiétudes pour vous faire peur.

Il n’est pas pour moi non plus l’heure de porter quelque jugement que ce soit, pour les raisons qui conduisent ces politiques. Ce n’est pas ce type de débat que j’ai envie d’engager.

On peut alors s’interroger sur la nature du débat qui nous a réunis ce soir… notamment lorsque viendront au cours de la soirée de longues enflammées lyriques et non modérées sur le Grand Capital et la finance mondiale. tweet

Ces réductions de dotations pourraient nous amener à réduire les moyens attribués aux associations. Pour ne pas vous faire peur, ce n’est pas une décision que nous avons prise pour le futur budget. Vous n’aurez pas d’augmentation, mais vous n’aurez pas non plus de coupes drastiques.

Nous le faisons car nous pensons que cela est utile aux habitants, à la vie locale, au lien social dans notre ville. Mais nous ne pourrons pas continuer à le faire si l’étau se resserre de plus en plus autour de nos finances locales.

Il n’y a pas que les baisses de dotation de l’État, il y a d’autres éléments à prendre en compte. C’est finalement quatre à cinq millions de l’État qui seront supprimés.

Il y a possibilité de trouver des fonds de péréquation. Pour résumer, les pertes sur le budget seraient d’1,6 M EUR.

La construction du budget n’est pas achevée à ce jour.

Nous avons conscience que l’État joue un rôle dans d’autres domaines que les dotations, par exemple concernant le Grand Paris Express : je ne veux pas noircir le tableau, l’État s’engage dans d’autres investissements et c’est tant mieux.

Si l’on construit un centre aquatique, ce que je souhaite vivement, nous nous battons pour le faire, une fois que l’équipement est construit, ce sont des coûts de fonctionnement supplémentaires. Aujourd’hui nous avons cinq maîtres nageurs, demain il en faudra 15.

Dans ce cas, alors que notre ville fait face à d’importants problèmes de sécurité qui remettent en question la santé économique, pourquoi ne pas adopter le même raisonnement avec la police municipale ou la vidéoprotection ? tweet

On n’embauche plus de personnel dans les services. On est contraint de ne plus remplacer les départs à la retraite. À un moment donné, ça va peser sur le service rendu aux habitants.

On a réduit depuis deux à trois ans l’entretien du patrimoine : les écoles, les équipements de tous ordres, la voirie, les espaces verts… Sur un ou deux ans, ça ne va pas trop se voir, mais sur 4 ou 5 ans, cela va se voir. Je pense que nos enfants ont le droit d’avoir de belles écoles.

Nous souhaitons donc à la fois alerter, à la fois mobiliser pour nous faire entendre sur les nécessités et les exigences de réponse aux besoins des habitants. C’est je crois le sens de notre échange pour trouver, ensemble, la manière de se faire entendre et d’être constructifs dans la bataille que nous devons mener. Il ne s’agit pas de désigner quelque bouc émissaire dans la situation, mais d’attirer l’attention des pouvoirs publics, concernant le fait que ce chemin n’est pas le meilleur pour faciliter la vie des habitants […] ou pour la relance économique et la relance de la croissance. 70 à 75% de l’investissement public est dû à l’activité des collectivités locales. Je ne pense pas seulement au BTP : une ville ça consomme des machines, des matériels, des BE, des services, des techniciens…

On peut s’interroger sur le montant que Vitry-sur-Seine va récupérer du 1,4 milliard d’euros débloqués par l’État, notamment à la contestation des entreprises du BTP. Hélas, aucune information ne sera communiquée sur ce point. tweet

Pour rappel, le chiffre mentionné dans le titre de la pétition « Rendez-nous nos 24 millions » correspond à six millions d’euros par an. Cela correspond à la somme totale de manque à gagner, si l’on continue avec ce niveau de baisse des dotations jusqu’en 2017. C’est de l’argent que l’on nous a supprimé : il était apporté à notre collectivité, il ne l’est plus.

On n’est pas tout seul : l’AMF avait tiré la sonnette d’alarme l’an dernier puis en début d’année. Vitry-sur-Seine a cosigné la pétition de l’AMF. Nous en avons appelé aussi à la population. Ce matin, il y a eu une réunion des aires de la MGP : ce discours pourrait être porté par la quasi totalité des maires de la MGP.

Nous pourrions à l’issue de notre rencontre [ce soir] fixer un rdv pour aller rencontrer le préfet, ou toute autre idée que vous pourriez avoir, pour faire valoir nos droits.

Je m’étonne qu’à aucun moment dans ce discours, le maire ne s’interroge sur la pertinence de la gestion de chaque association : ont-elles toutes besoins de ces subventions, et à ce niveau ? tweet

Échanges avec l’auditoire

Philippe Maingault

Trésorier départemental de la fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) ; coordinateur chez Planète Lilas

Il y a beaucoup de villes qui profite de cette baisse de la dotation de l’État mais pas Vitry-sur-Seine, c’est un élément positif de la gestion de la municipalité.

Un grand nombre de maires protestent, mais un grand nombre de maires sont également élus dans les assemblées parlementaires, et votent ces lois régressives. Il y a beaucoup de maires qui ont une attitude ambiguë.

Il y a certainement des marges d’amélioration dans la gestion des finances locales.

Autre intervenante

Présidente d’une amicale des locataires ; vitriote depuis 40 ans ; militante depuis 30 ans

J’en ai gros sur la patate car cela va freiner le développement de nos associations. Ça n’est pas arrivé comme ça du jour au lendemain : suppression des départements, regroupements de régions…. Je pense qu’antérieurement, il n’y avait pas vraiment de lisibilité et de traçabilité. Avec la création des territoires, cela permet à chaque ville et chaque groupement de mettre en commun leurs problématiques et de trouver ensemble des solutions. Quand il y a eu la création des territoires, je me suis dit qu’il y aurait plus de solutions visibles.

Si la vile ne récupère pas ses 24 millions, il va falloir que les vitriots se responsabilisent de plus en plus. Cela touche tous les secteurs : environnement, éducation, voirie… Il va falloir creuser et trouver des idées.

Il y a une responsabilité au niveau des vitriots. Nos élus doivent montrer l’exemple. La ville de Vitry, j’y tiens et je compte y rester. Il y a tellement d’incivilité dans cette ville que je me dis qu’avec ce manquement, je me demande comment on va y arriver ?

L’engagement militant, il n’est pas en hausse, il est en dégringolade constante. Les gens ne s’investissent plus comme avant.

Mon souhait, c’est que la ville et nos élus trouvent une solution pour vraiment responsabiliser les vitriots. Je pense que c’est un enjeu majeur. Il faut qu’il y ait de la communication dans les écoles. Si chacun fait des efforts de leurs cités, on pourra combler ce manque. Si on préserve notre ville, on aura déjà fait une belle avancée.

Fabrice Duthuillié

Association Indépen-dance

Vitry-sur-Seine est riche d’un tissu associatif important. Est-ce qu’il ne serait pas judicieux d’envisager une mutualisation des associations qui agissent sur le même territoire ? Réfléchir à de nouvelles méthodes, de nouvelles gouvernances…

Si l’on arrive à structurer, fédérer, partager des espaces communs : en termes de gouvernance, on peut faire quelque chose.

Nuria Sentenac

Vice-présidente de l’association Vitry Livres Échanges ; membre de l’association du Port à l’Anglais

Il y a déjà deux ans, lors de ses voeux, Monsieur Audoubert nous avait déjà alerté sur l’impact éventuel des finances sur la vie associative. On peut remercier nos élus que nos subventions aient été maintenues.

Le tissu associatif, c’est un régulateur social.

Je suis une ancienne syndicaliste et je dirais que c’est la lutte.

Il ne faut pas que l’on reste en arrière. Il faut montrer que le milieu associatif veut ses sous. De l’argent, il y en a dans ce pays. Il faut mettre le gouvernement devant ses responsabilités.

Lucien Deschamps

Militant, membre de la Confédération Nationale du Logement (CNL)

Il ne faut pas ignorer l’endettement national qui est une dette financière, pour rembourser les intérêts des autres emprunts.

Il n’est pas question que les habitants se serrent la ceinture et qu’ils aient moins de services publics.

Il y a 40% de logements sociaux à Vitry. Avec les territoires, pourra-t-on continuer à subventionner les logements sociaux ? Donc il est nécessaire d’avoir nos associations qui se mettent en action pour saisir ces problèmes-là.

Il apparaît que la part de logements sociaux dans Vitry-sur-Seine est sensiblement plus importante que les 40% annoncés par Monsieur Deschamps. tweet

◼︎ Jean-Claude Kennedy

Maire de Vitry-sur-Seine

Quand concertation rime avec communication

On peut tous avoir des points de vue différents et tous avoir des intérêts communs.

Notre échange va nous aider dans notre démarche de construction budgétaire. On reviendra vers vous avec des éléments chiffrés, des données sur lesquelles vous pourrez vous appuyer. Ce n’était pas l’objet de cette réunion.

Il se trouve qu’aux dires des élus majoritaires, ce n’était pas non plus l’objet des conseils de quartier. Aussi, comment pouvoir consulter avec sincérité l’avis de la population et envisager une véritable concertation, sans communiquer un minimum d’éléments ? Il est très clair que cette soi-disant démarche de concertation n’est qu’une (coûteuse) opération de communication, visant à manipuler les Vitriots pour soutenir l’action politique revendicative de la majorité municipale. tweet

Proposition d’une nouvelle rencontre début avril pour rediscuter du budget, qui sera voté le 12 ou le 13 avril. L’échéance ultime étant fixée par l’État au 15 avril, pour présenter le budget au préfet.

L’emprunt : une solution déjà retenue pour 2016

Il y a possibilité de faire bouger les lignes. L’une d’elles a été pointée : c’est le recours à l’emprunt. Nous ne l’excluons pas. Aujourd’hui, les emprunts sont à taux très, très bas, entre 1% et 2%.

Nous sommes une ville peu endettée qui reste attentive à son niveau d’emprunts. Nous devons maîtriser ce point si l’on ne veut pas laisser des dettes à nos enfants.

La menace du levier fiscal

Une autre idée est celle de la pression fiscale sur les habitants. Au dernier budget, après huit années quasiment sans augmentation des impôts (en douze ans, augmentation de 2,5%). En 2015, augmentation d’environ 2%. À titre d’information, 2% de collecte supplémentaire de l’impôt correspondent à une recette supplémentaire d’environ un million d’euros.

Je note qu’à chaque fois que la majorité municipale se vante de ne pas avoir augmenté les impôts locaux, elle oublie soigneusement de mentionner l’augmentation de la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères, visant à financer la coûteuse collecte pneumatique. tweet

La vanne du logement social se ferme

Il faut rester très attentif au logement social, notamment avec la nouvelle présidente de région qui s’est distinguée très récemment.

Il se trouve en effet que Valérie Pécresse a en effet communiqué sur sa volonté de rééquilibrer le parc de logement social sur l’ensemble de la région, pour résoudre la situation actuelle, aussi injuste que malsaine, qui consiste à concentrer l’essentiel du parc sur certaines communes. tweet

Entre 39 et 41% de logement social, c’est un objectif fixé dans le PLH. Cela peut rester maîtrisé à cette hauteur-là, pour peu qu’on nous donne moyen de les construire. Si on n’a pas les financements pour accompagner ces constructions, on n’aura pas la possibilité de le faire.

Politique et associations : je t’aime, moi non plus

Le Centre Culturel de Vitry-sur-Seine et l’Office Municipal de Jeunesse sont des outils importants pour permettre de mutualiser les projets, et cela a des effets d’entraînement. Là aussi, cela demande des moyens d’investissement.

Des réflexions sont en cours pour permettre à la fois de valoriser encore plus nos territoires (l’emprise de notre commune sur l’Île-de-France et la Métropole du Grand Paris) car nous pouvons considérer que nous avons un espace à mettre en valeur, qui pour une grande part est déjà mis en valeur et, surtout, à faire connaître. Il faut lutter contre les clichés de la banlieue : cela peut être aussi beau, paisible…

Vitry n’est pas responsable d’un certain nombre de faits de société nationaux ou internationaux. Je crois cependant que nous avons notre part de responsabilité à prendre. Par exemple, nous avons accueilli lorsqu’on nous l’a demandé, avec beaucoup de responsabilité, des migrants.

À la découverte de cette information, nous aurions aimé disposer d’éléments factuels concernant cet accueil : combien de personnes et pour quel coût, quels sont les dispositifs d’accompagnement et d’insertion mis en oeuvre, etc. ? tweet

Pour nous, accueillir c’est accueillir, ce n’est pas laisser passer. Que les familles puissent s’intégrer, apprendre le français, participer à la vie locale. J’ai été très surpris en allant à un repas de découvrir des personnes très cultivées.

Nous sommes très attachés à la commune. C’est un creuset de démocratie, de proximité, un rapport aux élus qui est indispensable.

C’est pas ma faute…

Le président Sarkozy avait dit que la disparition de la taxe professionnelle ne coûterait pas un euro aux collectivités… Cela a été remplacé par d’autres sources de fiscalité mais qui ne sont pas équivalentes qui ne nous permettent plus la maitrise de nos territoires.

Ville dortoir ?

Les Ardoines ne seront pas une ville dortoir. C’est une construction harmonieuse comme dans d’autres villes, équilibrée entre habitat, développement économique, commerces et équipements publics. Des espaces verts évidemment, de la voirie.  Tout cela, ça doit être le projet. On ne nous imposera pas une ville dortoir […] pour que les vitriots puissent travailler et vivre à Vitry.

Quelle agréable surprise de découvrir que Monsieur le Maire, en personne, a intégré les arguments que nous défendons avec le groupe d’opposition municipale Ensemble un avenir meilleur : cf. notre tribune de mars dernier. Quant à la mise en pratique de ces propos le moment venu, rien n’est moins sûr, hélas. tweet

Samuel-Gaël Komesha

Président de l’association Jeunes Solidaires 94

Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de moyens financiers. Mais aujourd’hui, les jeunes s’engagent. Aujourd’hui, on est capable de monter des associations sans financements et sans subventions.

Nous faisons appel aux citoyens pour financer nos projets. La toute première étape est celle de la clarté. L’Économie Sociale et Solidaire (ESS) est une réalité : on peut facilement financer un projet lorsqu’on l’explique aux gens.

Nous avons donc besoin de plus de visibilité pour exprimer les projets. Comment donc mutualiser efforts et moyens, pour arriver à financer nos projets ?

Nuria Sentenac

Vice-présidente de l’association Vitry Livres Échanges ; membre de l’association du Port à l’Anglais

Je désapprouve ce qui vient d’être dit car cela désengage les parlementaires. Je propose qu’à l’issue de la réunion, on se mette d’accord pour porter une motion parlementaire.

◼︎ Jean-Claude Kennedy

Maire de Vitry-sur-Seine

Je rappelle qu’il y a des outils pour la mutualisation : maison associative, Centre Culturel de Vitry-sur-Seine ainsi que l’Office Municipal de la Jeunesse et le service municipal de la jeunesse.

Alors que l’intervention de M. Komesha était pleine de bon sens et parfaitement en phase avec son époque, cet élan de pragmatisme est immédiatement rompu pour des raisons idéologiques, politiques et, sans doute aussi, liées à un écart de générations. Quel gâchis ! tweet

Il se trouve que M. Komesha, après avoir tenté de développer son propos une nouvelle fois, ne restera pas jusqu’à la fin de la réunion : on peut le comprendre, dans un tel contexte… tweet

Eden Saada

Président de l’Office Municipal de la Jeunesse ; étudiant en sciences politiques

Il n’est pas bon de tout problématiser au niveau économique. On traverse une crise qui est au fond une crise de sens de la société.

J’espère que nous ne sommes pas là ce soir pour défendre des intérêts particuliers, pour obtenir nos quelques centaines d’euros pour organiser notre kermesse…

Je suis allé à la rencontre des associations pour rencontrer un peuple, mais j’y ai trouvé des agrégats de populations, des syndicats…

Le peuple a besoin de leaders politiques qui ne tiennent pas le peuple en laisse mais qui soient au milieu du peuple.

Samuel-Gaël Komesha

Président de l’association Jeunes Solidaires 94

Proposition concrète : créer un réseau social interne pour que les associations puisent agir ensemble. Les idées sont fugitives : si j’ai une idée, je ne vais pas aller la présenter dans un bureau, mais je peux la poster sur un réseau social.

Autre intervenant

Ne pourrait-on pas imaginer de nouvelles recettes ? Créer des sources de revenus imputables sur la gestion de la ville ? Certains ont du pétrole, d’autres des diamants. Nous avons des idées, ne peut-on pas s’appuyer dessus ?

Philippe Maingault

Trésorier départemental de la fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) ; coordinateur chez Planète Lilas

Renchérit sur la motion des associations.

Reconnaît que l’on est dans une crise durable bien que lors de sa première intervention lors de cette soirée, il ait indiqué qu’avait de l’argent en France et qu’il fallait aller le chercher.

◼︎ Frédéric Bourdon

Président de l’association société d’histoire de Vitry ; conseiller municipal du groupe Vitry en mieux (EELV)

J’ai du mal à comprendre le fonctionnement de cette réunion ce soir. J’ai un manque de lisibilité sur l’objectif de cette réunion.

On nous annonce un chiffre principalement : 24 millions d’euros. Mais nous n’avons pas de lisibilité sur les budgets de fonctionnement et d’investissement. On pourrait se demander, en tant qu’habitant ou associatif, pourquoi les villes perdent de l’argent d’un côté, mais pourquoi font-elles des choix. Vous connaissez notamment ma position sur la collecte pneumatique, mon engagement sur cet investissement de 36 millions qui aurait pu être diminué par dix en faisant un autre choix de collecte.

On aurait pu donner plus, ou autrement, aux associations.

Cela fait cinq ans que je suis arrivé à Vitry, quand on a essayé de m’expliquer ce qu’était le CCV… Pour bien comprendre, je suis devenu secrétaire adjoint du CCV. Je pense qu’on pourrait optimiser, on a des salariés de la ville, on a des associatifs…

Sur la concertation publique, comment les associations peuvent demander certaines subventions, comment elle sont allouées. On peut demander à réussir ensemble mais peut être autrement. Sans remettre en question l’existence du CCV, on peut le repenser.

Laurent Gohel

Président de l’Entente Sportive (ESV) de Vitry-sur-Seine

On a tous ce rôle contributif à la paix sociale. On vit près d’un département et d’une grande ville qui ont beaucoup de moyens.

Je pense que les motions qui sont proposées ont un réel intérêt. Si on va en préfecture, il faut faire une délégation qui soit suffisamment importante.

Il faut bien démontrer que l’associatif, c’est une force en soi. On a une réelle implication dans la vie de notre commune. La paix sociale, elle a un coût.

Peut-être faut-il un peu médiatiser notre démarche.

Conclusion

◼︎ Jean-Claude Kennedy

Après la proposition de Nuria Sentenac de lire en séance le projet de motion « rédigé pendant la réunion », le maire propose plutôt de mettre à disposition le texte, pour permettre le temps à chacun de proposer des amendements : « on retient l’idée ».

Il se trouve qu’au 4 avril 2016, ce projet n’a toujours pas été communiqué. tweet

J’ai retenu :

  • les outils existent, sont performants mais il faut les améliorer ;
  • idée de l’annuaire : il y a des choses qui existent mais on peut l’améliorer. On peut aussi utiliser le site de la ville
  • lever l’ambiguïté : il y a plusieurs outils, au sens noble du terme : le centre culturel de Vitry, c’est une asso (il n’est pas dirigé par des élus, bien qu’il y ait des représentants du maire qui … ?)

Je ne veux pas lancer le débat… il a lieu assez souvent en conseil municipal.

Le citoyen que je suis aimerait que ce débat puisse être aussi engagé avec les Vitriots non élus qui, pour rappel, n’ont pas la possibilité de s’exprimer en conseil municipal. Or les conseils de quartier ne sont pas, non plus, le lieu de ce débat, selon les élus communistes. Curieuse conception de la démocratie… tweet

Je propose de nous donner rendez-vous le 1er avril :

  • soit en séance plénière ;
  • soit en groupes.

Je n’ai pas des réponses toutes faites. C’est ça, la co-construction.

Fort habilement, des personnes dans la salle se sont chargées, tout au long de la réunion, de se faire le relai de ces réponses toutes faites… tweet

Attribution des images: Christophe Jaubert / CC-Zero.

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