Conseil du quartier Centre Ville — mardi 15 mars 2016

Ce conseil de quartier du Centre Ville est le quatrième d’une série de onze « conseils de quartier extraordinaires », organisés afin de « construire la mobilisation pour faire valoir les besoins de la ville auprès de l’État, mais aussi construire le budget » avec les habitants.

Il est animé par les élus référents de ce quartier :

  • ◼︎ Dominique Étave, 2e adjointe au maire ;
  • ◼︎ Guy Labertit, 9e adjoint au maire.

Étaient par ailleurs présents une collaboratrice du service vie de quartier, le trésorier municipal, ainsi que :

  • ◼︎ Slimane Abdoun Charef, conseiller municipal.

La couleur du pictogramme ◼︎ rappelle le groupe municipal auquel appartient l’élu(e). D’autres informations sur les élu(e)s sont consultables dans l’observatoire citoyen, sur ce même blog.

À vue d’œil, il semble qu’une petite trentaine d’habitants sont présents.

Nathanaël Uhl, journaliste, assure la couverture médiatique de cette réunion.

Ayant été retenu par d’autres obligations, je suis arrivé avec une vingtaine de minutes de retard et n’ai donc pas pu être présent à l’introduction de ce conseil. tweet

À noter que beaucoup d’amicales de locataires sont inscrites à ce conseil de quartier, ainsi que ◼︎ Ramael Albertino, conseiller municipal délégué, qui ne sera pas présent ce soir.

Plusieurs personnes dans la salle semblent être proches de ◼︎ Dominique Étave qu’ils tutoient et réciproquement.

Échanges sur le contexte budgétaire

De la démocratie participative mais pas de financement participatif

Un habitant trouve que le tableau présenté est un peu noir. Il s’interroge sur les autres possibilités envisageables, pour résoudre cette question budgétaire.

Il évoque entre autres le financement participatif : « l’avenir, cela va être ça pour relancer les projets publics ».

◼︎ Guy Labertit répond que le financement participatif « ressort plus d’initiatives privées ».

À noter que cette même remarque a été portée par des responsables d’association, lors de la rencontre avec la vie associative… mais hélas, sans être véritablement entendue. tweet

Il propose plutôt de se battre pour faire annuler la baisse des dotations de 2017, pour retrouver de l’autofinancement et pour réinvestir, pour plus de croissance : « nos rentrées fiscales dépendent énormément de la croissance économique sur notre territoire ».

Il note également une reprise de croissance certes légère (1,1%) mais meilleure qu’auparavant (0,8%). Il juge qu’il ne faut donc pas sombrer dans le pessimisme. Il affirme par ailleurs que même s’il n’y a eu que peu de réponses du Gouvernement, les mouvements ont été utiles : on a là pour les communes les perspectives d’un vrai redressement.

Il rappelle que la ville est gérée de façon rigoureuse, en comparaison aux villes de la même strate (100 000 habitants), qu’elle n’est pas endettée et n’a pas d’emprunts toxiques. Un autre habitant s’interroge : « à quel taux sont les emprunts de la ville ? »

Les élus référents du conseil de quartier répondent qu’ils sont très très bas : « entre 1 et 2%, voire peut-être moins ».

Petit traité de macro économie

Un autre habitant, salarié d’Air France objecte : « Il y a un vrai problème de fond. Les banques centrales ne prêtent pas aux États, c’est la conséquence du traité de Maastricht… mais je ne suis pas du tout contre l’Europe, je suis un grand voyageur et pour le rapprochement des peuples. » Il dénonce les travers de « la méthode bancaire actuelle en Europe qui est lamentable : là, il y a des milliards à gratter. Cela permettrait d’avoir des prêts à taux zéro, voire négatifs ». Il défend « la grande chance » d’avoir à Vitry-sur-Seine une gestion saine : « il y a des villes qui sont au bord du gouffre ».

C’est la lutte !

Un autre habitant appuie ce qui vient d’être dit. Il note la démarche de la mairie de présentation d’un double budget et son projet de revendication en préfecture, mais il aspire à des actions plus fortes, sans pour autant pouvoir préciser lesquelles. Il envisage d’appuyer, au niveau d’un parti, « beaucoup plus fort ». « Je ne sais pas aller en préfecture, c’est bien ce que vous faites ».

Réponse de ◼︎ Dominique Étave : « mais si, allons-y tous ensemble ! Si on est entendu, c’est parce que les communes se bougent. Si on n’y va pas, il n’y aura rien, c’est pour cela que l’on appelle à la résistance. »

Une habitante note que l’on ne parle que de quatre communes. ◼︎ Dominique Étave rassure quant au fait qu’il a d’autres types d’actions dans d’autres communes, sans apporter aucune précision.

Fiscalité et emprunts

Il est rappelé que 1% de fiscalité correspond à 1,6 M EUR de recettes supplémentaires.

Il s’avèrera en fait que ce nombre variera à chaque conseil de quartier, la moyenne généralement communiquée étant plutôt de 480 000 EUR. tweet

Je demande aux élus présents à ce conseil si les prêts contractés par la commune sont plutôt à taux fixe ou à taux variable. On peut en effet s’interroger en cette période de taux bancaires remarquablement bas, sur de futures évolutions possibles, de même qu’un ménage se posera la question lors de la souscription d’un prêt immobilier.

◼︎ Guy Labertit me répond, non sans me malmener, que 30,87% de la dette est à taux fixe. Il m’indique par ailleurs que si la dette devait être remboursée par anticipation, il faudrait moins de 8 ans pour cela.

Une personne dans l’assistance fait observer qu’ « avec le Grand Paris, on ne sait pas à quoi vont servir les impôts que l’on paie. »

◼︎ Dominique Étave : « on a toujours cette incertitude sur la DSU : si on a une bonne surprise, tant mieux ».

◼︎ Guy Labertit précise que « ce 1,6 million se porte par rapport un budget de fonctionnement, de l’ordre de 171 millions ». « Le compte administratif sera voté en juin. Pour l’instant, il est estimé à 4,5 millions d’euros. »

Une stratégie bien rodée

Subventions aux associations

◼︎ Guy Labertit : « Dans les subventions aux associations, c’est une jonglerie extrêmement précise. Tant que les associations ne sont pas nommées en conseil municipal, vous ne pouvez pas verser la somme. Il y a donc quand même quelques pistes pour résoudre cet écart de 1,6 M EUR. D’où la volonté en conseil de quartier que les citoyens se mobilisent. Si l’on ne veut pas augmenter les impôts ou réduire les services, il faut récupérer cette somme. C’est ça, les débats en conseil de quartier : qu’est-ce qui vous semble le moins douloureux. »

« À quoi tenez-vous le plus ? »

◼︎ Dominique Étave : « Ah non, c’est pas ça le débat. Le débat, c’est de savoir ce à quoi vous ne voulez pas renoncer. Et nos engagements de campagne, nous les avons pris et nous n’y renoncerons pas. Si cela est obligatoire, nous reviendrons en conseil de quartier pour identifier ensemble les économies à faire. »

On remarque qu’à nouveau, la stratégie de la majorité communiste est fidèlement déroulée, comme à chaque conseil de quartier, à savoir : encourager les Vitriots à se positionner sur les services jugés indispensables, plutôt que de proposer une concertation sur les réductions possibles. In fine, l’objectif à peine masqué est que les habitants soient placés dans l’impossibilité de déterminer eux-mêmes quels services doivent être prioritaires. La solution miracle est alors celle de la majorité communiste : la manifestation, la revendication, la pétition… tweet

L’habitant salarié d’Air France répond qu’ « entre le bonheur et la misère, c’est sûr que je préfère choisir le bonheur. Il va y avoir des gens qui travaillent et qui n’auront plus les moyens de pouvoir se loger. S’il y a donc un truc à sauver, c’est l’éducation. » Il dénonce par ailleurs à l’endroit de ◼︎ Guy Labertit le comportement du Président de la République : « ce n’est pas ce que fait Monsieur Hollande ! »

« S’il y a une priorité à avoir, c’est l’éducation. Puis les personnes âgées : se loger, se soigner… et ne parlons même pas des loisirs, c’est du luxe ! » Il encourage ◼︎ Guy Labertit à « aller voir ses représentants nationaux pour en parler ».

◼︎ Guy Labertit répond que « dans la salle, tout le monde n’a pas les mêmes opinions politiques [et invite cet habitant à] venir poursuivre l’échange avec lui en aparté, après ce conseil de quartier dont l’objet est de parler du budget ».

Rythmes scolaires

◼︎ Dominique Étave indique que « concernant les rythmes scolaires, la ville a assumé ses responsabilités. Un CDEN était prévu à la préfecture ce matin, mais a été repoussé : 10 écoles de Vitry étaient présentes… Je déplore le fait que des classes aient été fermées, alors que l’on se trouve en ZEP ».

À noter que l’on parle désormais de REP et non plus de ZEP. tweet

Un autre habitant aborde la question des achats communaux et se dit « désolé que l’on va perdre des services ». Comme un seul homme, ◼︎ Dominique Étave et ◼︎ Guy Labertit s’exclament « non, il ne faut pas ! »

Ressources humaines municipales

◼︎ Guy Labertit : « Là dessus, on ne va pas faire un débat extrêmement précis sur la masse salariale à Vitry. Ce sont des chiffres qui sont publics. Ce n’est pas vraiment le lieu dans le conseil de quartier, de développer sur la politique de gestion du personnel municipal. Je ne suis pas mandaté ce soir pour répondre de manière très précise au sujet des conditions de travail des personnels. Il y a beaucoup de contractuels, il y a un volant : c’est désolant. Les départs à la retraite non remplacés : à Vitry, cela ne se fait pas. »

◼︎ Dominique Étave reprend : « non, cela se fait, mais c’est au cas par cas. »

◼︎ Guy Labertit renchérit alors : « de toutes façons, c’est un débat que l’on ne devrait pas avoir en conseil de quartier. »

Centre aquatique

◼︎ Dominique Étave recentre le débat sur « ce sur quoi il ne faut pas revenir : la piscine, par exemple, c’est indispensable. »

◼︎ Guy Labertit : « le centre aquatique est absolument nécessaire à la ville, il s’inclut dans la revalorisation du quartier Paul Froment – 8 mai 45. Il faudra aussi que l’on revoie tout le front commercial du 8 mai. Ce sujet est abordé dans le programme de rénovation urbaine n°2. »

◼︎ Dominique Étave : « je veux revenir sur le centre aquatique : aujourd’hui, on ne répond pas aux besoins de tous les enfants et de toutes les écoles. Cela permettra de doubler le nombre d’enfants accueillis… on croise les doigts tous les jours pour se dire ‘espérons qu’il n’y ait rien qui casse aujourd’hui, car on ne saura pas comment réparer’ »

Un habitant dans la salle dit que la piscine date de 1969.

Police municipale vs police nationale

Un autre habitant dit que la « police municipale est indispensable ».

L’habitant salarié d’Air France fait remarquer que la verbalisation permettrait en plus de « récupérer des sous », mais préfèrerait mettre l’accent sur la « police nationale ».

Je note que l’argument visant à préférer l’action de la police nationale au détriment de la police municipale est systématiquement ressassé par la majorité communiste vitriote. tweet

Oui, la droite soutient les activités artistiques et sportives !

◼︎ Dominique Étave : « si on ne fait pas les travaux d’entretien courant aujourd’hui, je ne sais pas dans quel état seront les équipements dans quatre ou cinq ans. Si c’étaient d’autres au pouvoir, cela ne serait pas géré de la même manière. Il y aurait d’autres décisions qui auraient été prises. »

Comprenant que les politiques de droite sont visées par ce propos, je défends alors vivement le fait que ce raisonnement n’est pas généralisable. Je rappelle que des villes de droite ont également des cinémas municipaux (exemple de Saint Cyr l’École). Je rappelle également que la position de la liste d’union vitriote de la droite et du centre n’est pas de fermer le cinéma, mais plutôt de le gérer autrement, pour éviter de devoir payer comme l’an dernier 600 000 EUR pour seulement 60 000 entrées : en d’autres termes, chaque visite du cinéma 3 Cinés Robespierre coûte en moyenne 10 EUR aux Vitriots.

Sujets divers

Une habitante défend les « centres de vacances car ça fait aussi partie de l’éducation »

◼︎ Dominique Étave : l’an dernier, il y a eu une fête commune. Bilan de cette fête : tout le monde était ravi. Tous les présents ont souhaité à nouveau que cette fête soit commune. Proposition : dimanche 27 septembre, probablement en mairie.

◼︎ Dominique Étave veut définir avec les habitants les thèmes qu’ils souhaitent aborder en conseil de quartier :

  • travaux et aménagements ;
  • transports ;
  • santé ;
  • avancées sur le budget.

Elle indique par ailleurs que « les travaux du square Audigeois commenceront la semaine prochaine ».

◼︎ Dominique Étave propose une visite au Centre Médico-Social, maintenant qu’il est construit.

Un habitant dit poser « une question bête, très bête : n’a-t-on pas de moyens de rétorsion vis-à-vis de l’État, ne pas payer certaines taxes ? »

Prochain conseil de quartier convenu au mercredi 6 avril à 19h30. ◼︎ Dominique Étave précise qu’ « il faut que cela ait lieu avant le budget… puis il faut choisir un thème simple/rapide à traiter : les transports ».

Une habitante dit que la réunion plan climat a lieu le 31 mars à 19h ici et qu’il faut s’inscrire avant.

Attribution des images: Didier B / Wikimedia / CC-BY-SA.

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