Beaucoup d’énergie, bien loin des Vitriots — Conseil municipal du 15 novembre 2017

Le 15 novembre 2017, les élus se sont réunis pour le 7e conseil municipal de l’année. Seules 14 questions figuraient à l’ordre du jour, ce qui est très peu par rapport à d’habitude. Elles ont été balayées, preuve en est que cette instance n’a plus que pour objectif d’expédier les affaires courantes et n’est plus un lieu de débat où les voix des Vitriots seraient exprimées. En revanche, les deux vœux proposés ont fait l’objet de très longues discussions, bien déconnectées du quotidien des habitants.

Des affaires courantes expédiées…

À l’ordre du jour, beaucoup d’approbations et de communication d’informations. Ces questions étant préalablement actées en commission, il n’y a pas de discussion ni de compte rendu de ces discussions à présenter en séance.

Les sujets évoqués lors des conseils municipaux sont totalement opaques pour qui souhaiterait s’y intéresser. tweet

S’il est toujours possible de demander communication des documents une fois ceux-ci approuvés, cela demande une telle énergie que cela peut décourager de s’y intéresser.

La rédaction de la demande doit en effet être précise puis, en l’absence régulière de réponse (refus implicite de l’administration municipale), il convient de saisir la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) pour qu’elle instruise la demande.

La CADA peut inciter, dans le cas d’un avis favorable, les services de la ville à fournir les documents, mais elle n’a pas de rôle contraignant. La ville peut donc décider de ne pas suivre la décision rendue, ce qui nécessite de porter l’affaire devant le tribunal administratif.

Le délai peut ainsi s’étendre sur plusieurs mois.

Seules les deux élections — celle des membres de la Commission des Appels d’Offres (CAO) et celle des représentants auprès du Groupement d’Intérêt Public (GIP) Maximilien — auront créé de l’animation. Comme souvent, chacun semble découvrir les modalités de vote, voire de candidature, ce qui se traduit par un beau moment de confusion. Faut-il craindre un manque de transparence ? Peut-être.

Quand bien même cela ne serait qu’un manque de préparation des conseillers municipaux ou un dysfonctionnement des services en charge des travaux du conseil municipal, cela traduit un certain amateurisme que ne peuvent pas accepter les habitants qui sont en attente de réponse à leurs préoccupations.

…mais rien pour les Vitriots

Tout juste y aura-t-il eu une discussion autour de la « cartographie stratégique du bruit sur le territoire de Vitry-sur-Seine » (en application d’une directive européenne) qui aura porté un peu d’intérêt pour le quotidien des habitants.

Le nombre d’habitants exposés à un bruit moyen supérieur à 68 db autour des axes routiers aurait diminué de 50 % depuis 2008 mais aucun objectif n’est fixé pour les années à venir. Les nombreux travaux en cours et annoncés pour les prochaines années dans la ville font craindre une dégradation des conditions de vie, ce à quoi la réponse apportée est qu’« il faut tenter de limiter les nuisances mais que c’est partie intégrante de l’essence même des villes ».

Pas d’objectif, un peu de fatalisme : la recette habituelle est de nouveau employée. tweet

Trois questions orales ont été posées par le groupe ◼︎ Ensemble pour un avenir meilleur : une sur la fermeture de la déchetterie d’Ivry fin 2017, une sur le (non-)déploiement de la fibre optique à Vitry et une sur les effectifs communaux. Ces questions — qui présentent un vrai intérêt pour les habitants — ne semblent pas concerner les élus de la majorité qui se contentent d’apporter la réponse préparée à cet effet, sans débat possible et sans action visible.

Deux vœux polémiques

En Conseil municipal, un groupe peut déposer un vœu qui a souvent trait à des sujets dont la compétence dépasse le cadre de la commune. Deux vœux ont été déposés et soumis au vote après échanges, parfois vigoureux.

 

Déposé par le groupe ◼︎ Communiste, républicain et citoyen, le premier vœu vise à interpeler les autorités françaises pour se mobiliser en vue de la libération de Salah Hamouri, avocat franco-palestinien placé en détention administrative par Israël, après avoir déjà purgé une peine de 7 ans de prison.

Au-delà de l’affaire très clivante car chacun a son opinion sur le conflit israélo-palestinien, il s’agit surtout d’une affaire qui mobilise les instances communistes depuis des années. tweet

C’est notamment vrai dans le Val-de-Marne et à Vitry : Salah Hamouri est en effet le gendre de Jean-Claude Lefort, député de la 10e circonscription du Val-de-Marne de 1988 à 2007. Au terme de près de 35 minutes d’échanges houleux, avec des mots très durs voire violents, le vœu est évidemment adopté, sans vraiment bien savoir comment le Conseil municipal de Vitry pourra avoir la moindre action auprès des autorités compétentes.

 

L’autre vœu est relatif à la gestion de l’eau. Le groupe ◼︎ Vitry en mieux souhaite porter l’ambition d’une gestion publique dans le cadre d’un débat à l’établissement public territorial Grand-Orly-Seine-Bièvre. Si le débat est tout à fait normal et même souhaitable alors que la convention avec le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) arrive à son terme, il se positionne finalement une nouvelle fois sur le terrain idéologique.

Des discussions ont lieu sur la « marchandisation de l’eau » et sur les « dividendes faramineux versés aux actionnaires » mais pas vraiment sur les bénéfices que pourront en tirer les habitants. tweet

 

À nouveau, nous déplorons la faible présence des habitants à ces conseils municipaux en séance publique. En effet, assister à ces réunions publiques est une énième occasion de constater le comportement des élus et de se faire une idée des motivations des uns et des autres.

Aujourd’hui, si la ville bouge, c’est très souvent du fait des organismes extra-communaux. Deux exemples simples : Île-de-France Mobilités ou la Métropole du Grand Paris pour les questions de transport, l’État pour de nombreux programmes de rénovation urbaine.

Les sujets sur lesquels la municipalité a de vrais moyens d’action restent bien souvent au cœur des préoccupations des habitants qui ne voient rien venir.

Attribution des images: Christophe Jaubert / DR.

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