2e Vitryrama 2017 — Projets et travaux sur la RD5

Voici un compte-rendu du second Vitryrama de l’année, pour les Vitriots qui n’auraient pas pu s’y rendre. Comme précédemment, le rendez-vous était donné à 14h à la Maison des projets.

La visite fut animée par :

  • Odile de Grandsaignes, ingénieur voirie à la mairie de Vitry-sur-Seine
  • Jean-Denis Niazaire, référent pour la Société du Grand Paris à Vitry-sur-Seine
  • Patrick Perez-Secheret, chargé de communication à la mairie de Vitry-sur-Seine

Introduction à la Maison des Projets

Travaux préparatoires

Pendant que nous étions encore à la Maison des Projets, a été abordée la destruction de la Maison des Lierres, suivie de fouilles archéologiques qui donneront lieu à une exposition courant avril 2017.

Odile de Grandsaignes qui semble passionnée par le sujet nous indique qu’il y avait à l’époque gauloise beaucoup d’échanges internationaux (Chine, etc.) : on retrouve en effet des trésors et des bijoux dans les sépultures. Il fallait donc qu’il y ait des routes et des ponts, pour permettre ces échanges. La RD5 était un cheminement idéal : en dehors des crues, elle offrait un chemin plat et stable d’Ablon-sur-Seine à Paris.

Le marché pour la construction du Grand Paris Express sur notre secteur a été remporté par Bouygues Travaux Public, pour la construction des gares (Créteil l’Échat, Vert-de-Maison, les Ardoines et Vitry-Centre), du tunnel ainsi que des puits d’entrée.

Le Grand Paris Express : un projet de territoire.

Des réactions se font entendre dans l’assistance, lesquelles encouragent le référent de la SGP à rassurer : au moins 20 % des travaux sera exécutée par des PME, et 5 % des heures de travaux seront réservées à l’insertion. Ouf !

Pour ma part, je suis heureux que le groupe Bouygues ait remporté ce marché car, tout aussi Vitriot que les personnes présentes lors de ce Vitryrama, je suis employé par Bouygues et c’est bien cette entreprise qui me permet de manger et de payer mes factures ! Je ne manque pas de faire observer ce point, ce à quoi une participante objecte que je suis « un privilégié ». Dont acte. Mais si cette dame m’avait connu pendant mes années étudiantes, lorsque j’habitais dans une cité HLM dangereuse (e.g. descentes régulières du GIPN) pour pouvoir poursuivre mes études, et que j’assumais des semaines de plus de soixante heures (cours + jobs étudiants), peut-être n’aurait-elle pas été aussi catégorique.

Je déplore ainsi que l’idéologie anti-capitaliste soit encore très présente à Vitry-sur-Seine alors qu’au même moment, habitants, commerçants et élus sont bien contents que de tels projets puissent être réalisés… rapidement, si possible, ce que seule la puissance d’un grand groupe peut garantir.

Vitryrama du 25 février 2017 : présentation synthétique des différent travaux en cours et à venir.

Différents travaux en cours

Les travaux de génie civil devraient commencer en juillet 2017. Pour l’heure, ce sont essentiellement des travaux de dévoiement des réseaux qui sont réalisés (eau, très haute tension, etc.) car la mise en place d’un tramway ne peut pas se faire au-dessus de réseaux existants. Ces travaux sont lourds, complexes et font intervenir une multitude d’acteurs.

Au niveau du Centre Technique Municipal (rue du Bel Air) sera construit l’ouvrage de débranchement du métro automatique. Le Site de Maintenance des Infrastructures (SMI) sera quant à lui construit près de l’A86 (D274, rue Léon-Geffroy).

Tous les 800 mètres sera construit un ouvrage de sécurité (désenfumage et issues de secours).

Un projet d’extension Vélib, avec une piste cyclable sur toute la RD5, est notamment prévu. De même, nous devrions bénéficier à terme de Vélib à assistance électrique, utiles pour remonter des pentes telles que celles de la rue du Moulin de Saquet !

La RD5, d’hier à aujourd’hui

Nous entrons dans le car : la visite est un vrai succès, mais il reste tout de même quatre places vides, ce qui ne manque pas de m’étonner.

Lors du premier Vitryrama de l’année, nous avions en effet posé certaines questions, sans détour, qui avaient manifestement incommodé l’adjointe au maire (groupe communiste) Isabelle Lorand. Suite à cela, l’équipe chargée de l’animation des Vitryrama a tenté de nous dissuader de maintenir nos inscriptions à cette nouvelle visite, prétextant la nécessité de « laisser la place aux autres ».

En dépit de cette indication insistante, visant à nous faire croire que ce second Vitryrama affichait complet, la page Facebook de la mairie de Vitry-sur-Seine cherchait à recruter des participants supplémentaires le jour-même. Surprenant…

Capture d’écran de la page Facebook de la mairie de Vitry-sur-Seine.
Cinq heures avant le début du Vitryrama, il reste encore des places !

Patrick Perez-Secheret, chargé de communication à la mairie de Vitry-sur-Seine, prend le relai de l’animation de cet après-midi. Il commence par nous dresser un bref historique de la RD5.

Ancienne nationale 305, la partie nord dispose d’une longue histoire, car il s’agit d’une ancienne route royale, bordée d’arbres. Devenue une deux fois deux voies, en 1936, l’État décide d’élargir sur quatre voies pour permettre le passage des bus.

En 1975, l’État l’élargit à nouveau pour y installer un bus de type Transport en Commun en Site Propre (TCSP), c’est-à-dire un bus qui dispose de couloirs et d’aménagements dédiés pour permettre une plus grande fluidité, tout en étant le moins impacté possible par la circulation automobile.

Ce chantier s’est cependant trouvé en panne jusqu’en 1980 : à part la mairie, le quartier est en déshérence. L’État a réalisé plusieurs expropriations et les bâtiments non démolis servent de squats. Pendant ce temps, le quartier est dans la boue et les commerces ont disparu. En 1980, le chantier reprend sur la partie nord, pour se finir en 2005 après de nouvelles années de retard, dues au transfert de compétence des routes départementales de l’État vers le département.

Depuis le 25 janvier 2017, Darty a définitivement tiré le rideau à Vitry-sur-Seine. Avec la fermeture du magasin But et d’autres commerces de « Via Bella », la déshérence du quartier menace à nouveau.

Désormais le quartier est vivant, et regroupe aussi bien des commerces que des services publics (l’école Louise-Michel est mentionnée en exemple). Notre guide se garde bien, cependant, de mentionner la fermeture très récente du magasin Darty ou encore la fermeture en cours du magasin But.

Square Beethoven

Notre première étape a lieu à l’angle de la rue Beethoven et de la RD5, au pied de l’œuvre d’art « Pin noir d’eau triche » (une fontaine métallique en forme d’arbre stylisé).

Plusieurs participants à ce Vitryrama ont eu l’occasion de découvrir le square public Beethoven, dont l’entrée est en fait peu visible de la RD5. Beaucoup d’entre nous ne l’avions jamais vu, bien que nous empruntions régulièrement cet axe !

Square Beethoven, Vitry-sur-Seine : un îlot de calme à l’architecture moderne, en cœur de ville.

Le chantier du STIF devrait commencer à la fin de l’année. Pour l’instant, ce sont des travaux préparatoires qui ont lieu.

Le tramway qui ira dans un premier temps à Orly Fer à cheval, puis à l’aéroport dans un second temps, devrait arriver à la date prévue.

« Avec la livraison de ces nouveaux modes de transport, Vitry-sur-Seine sera alors complètement désenclavée. » tweet

Travaux annexes : constructions (sur Roger-Derry on essaie de faire un cœur de ville plus agréable et plus accessible aux Personnes à Mobilité Réduite).

« Ça va être assez beau et permettra d’améliorer la desserte du bus 180 sur ce secteur. » tweet

En attendant, la zone reste accidentogène à ce jour.

Le secteur Fort – Concorde Stalingrad (6 000 logements neufs) – Coteau regroupe environ 30 000 habitants. Un relais-mairie est prévu.

La ville a dépensé 6,2 millions d’euros, de même que l’État et la région. Le reste est financé par des promoteurs privés.

Beaucoup d’équipements publics : MacVal, Briqueterie (il y avait beaucoup de carrières de gypse et d’argile, d’où la réutilisation de la brique pour rester dans l’histoire de la ville et avec des matériaux nobles).

Vitryrama du 25 février 2017 : étape au square Beethoven.

« Il y a des respirations, des squares réservés aux habitants, des toits terrasse. Les espaces verts sont plantés avec des essences d’Île-de-France qui nécessitent peu d’arrosage et peu d’entretien, et sont entretenus avec du mulch. » tweet

Notre guide ne précise pas cependant que, tout aussi vertueux soit-il, le choix d’installer des toits terrasse constitue l’un des moyens pour atteindre les cibles techniquement exigées par les nouveaux labels et normes de construction : Bâtiment Basse Consommation (BBC) et Règlementation Thermiques (RT) 2005 puis 2012. Quant au mulch, rien d’extraordinaire : cela permet d’alimenter le sol avec les nutriments dont les plantes ont besoin, et beaucoup de copropriétés par exemple (dont la mienne) utilisent cette technique.

Entrée de la future gare Vitry-Centre

Pour éviter d’avoir des désordres et que les vestiges soient tout simplement jetés, par les intervenants du chantier pour éviter de « perdre du temps », l’INRAP décide s’il doit y avoir un diagnostic. À noter que l’INRAP ne fait des fouilles que sur la période considérée comme celle de l’humanité : par exemple, l’INRAP ne va pas décider de creuser de manière extrêmement profonde pour retrouver des ossements de dinosaures

« Sur Vitry, quand on fait un trou, on trouve un truc. » tweet

Sur ce site de la future gare de Vitry-Centre, les fouilles ont été terminées en novembre 2016.

Alors que nos guides nous exposent ces éléments pendant que nous nous trouvons dans la rue, devant le chantier, notre groupe se fait bruyamment haranguer, successivement par deux jeunes puis une mère de famille qui passent devant nous ! Sans doute une manifestation optimiste et joviale du bien-vivre-ensemble…

Suite à ces fouilles archéologiques et aux découvertes qu’elles auront permises, une exposition aura lieu à la Maison des Projets de mi-mai jusqu’à l’automne, ce qui permettra de couvrir à la fois les journées archéologiques à mi-juin ainsi que les journées patrimoine en septembre. Il se trouve en effet que les objets trouvés appartiennent aux collectivités et à l’État : si les collectivités concernées ont un projet solide pour les exposer, elles peuvent les récupérer.

Des vestiges très divers

Parmi les vestiges retrouvés, des éléments ont été datés de la période gallo-romaine puis mérovingienne (jusqu’au Capétiens, entre 400 et 700 après Jésus-Christ) : 250 squelettes ont été ainsi révélés.

La période de ces vestiges est très étendue, ce qui est plutôt inédit, notamment sur un espace très dense. On peut supposer que cet endroit fut un lieu sacré de l’époque gauloise puis gallo-romaine. En général, les cimetières sont près d’un lieu sacré même si, concernant ce site précis, le lieu sacré attendu n’a pas encore été trouvé.

Les fouilles archéologiques, sur le site de la future gare Vitry Centre (Grand Paris Express)

Avant que cet axe soit nommé RD5 et rue Maximilien-Robespierre, il s’agissait de la rue Saint-Aubin. Mais l’on n’a pas trouvé sur les plans historiques une chapelle de ce nom.

Les pierres retrouvées pendant ces fouilles sont datées, sur la base de la forme avec laquelle elles ont été taillées, du 12e ou du 13e siècle. Des traces de pavage, probablement d’une cour de ferme ou d’une écurie, ont été révélées et datées à la fin du 13e siècle. Des caves ont également été trouvées.

La Maison des Lierres, laquelle a dû être détruite dans le cadre de ces travaux, datait du 17e siècle mais avec soubassement vraisemblablement construit au 15e, voire au 14e siècle. Un puits a été trouvé avec vanne et pompe qui permettait de ramener l’eau à 9 mètres de profondeur. La Maison des Lierres avait donc déjà l’eau courante !

Des carrières souterraines étaient réalisées en pleine terre à cet endroit. Cette terre, très ocre, a servi à colorer et créer des mortiers pour construire des bâtiments ou des fresques.

Au 17e siècle, Vitry-aux-Arbres vit de la culture des arbres et des jardins. Pendant cette époque horticole, on pratique le forçage des lilas et on exploite les arbres fruitiers.

Jean-Denis Niazaire, l’animateur de la Société du Grand Paris, nous précise que les voies seront creusées à 26 mètres de profondeur, et que le parc sera restitué aux Vitriots à la fin des travaux.

Face aux nombreux graffitis présents sur les panneaux de chantier, on réalise que le projet ne plaît pas a tout le monde. Je demande donc à nos guides comment est-ce que la Société du Grand Paris et la mairie de Vitry-sur-Seine vont gérer ces mécontentements. De façon pragmatique, on me répond que l’ « on ne peut pas satisfaire tout le monde dans ce type de projets. » Par ailleurs, la mairie indique être exigeante pour la gestion du chantier : nettoyage des camions avant qu’ils n’empruntent la voirie, rideaux anti poussière/bruits, etc.

Isabelle lorand, 4e adjointe au maire (groupe communiste) en charge notamment de la « communication » et de la « ville numérique », rejoint le groupe pour une petite dizaine de minutes. Nous assistons alors à un discours politique express, dans lequel elle se félicite indirectement d’appartenir à la majorité communiste de Christian Favier (sénateur et président du conseil départemental du Val-de-Marne) et d’Alain Audoubert (ancien maire de Vitry-sur-Seine : « on parlait il y a quelques années du métro féerique : ce métro arrive désormais. » Isabelle Lorand a sans doute oublié qu’en 2007, c’est bien le président Sarkozy qui a initié ce projet majeur, sans doute sans précédent depuis la construction du métropolitain parisien, à l’échelle de toute la région Île-de-France.

L’adjointe au maire nous indique aussi que nous vivons une « évolution multiforme de notre ville » et que les chantiers sont faits pour être dirigés en priorité aux emplois pour les Vitriots.

Il paraît utile, à ce stade, de rappeler ce qui a été indiqué lors du premier Vitryrama de l’année, à savoir que pour une population de plus de 91 000 Vitriots, ce seront environ 400 emplois maximum qui seront réservés aux habitants de la ville.

Rappelons également que ces emplois fléchés existent pour tous les chantiers du Grand Paris Express et que cela ne constitue nullement une exigence de la ville de Vitry-sur-Seine, comme nos élus communistes aimeraient nous le faire croire :

« Pour que les Franciliens les plus éloignés de l’emploi puissent bénéficier concrètement de l’impact économique du Grand Paris Express, la Société du Grand Paris inclut dans tous ses marchés une clause d’insertion sociale de 5% du volume d’heures du chantier. »
(source : societedugrandparis.fr, Des engagements pour des chantiers exemplaires) tweet

Madame Lorand nous évoque également l’ « arrivée de la fibre numérique » (sic). Aucune échéance n’est précisée, naturellement. Mais il est l’heure pour notre groupe de repartir vers notre dernière étape.

Nous apprenons dans le car que la maison du Docteur Bourneville, située derrière le chantier de la future gare Vitry-Centre, avait pour vocation à accueillir des personnes dites alors « inadaptées », de leur enfance jusqu’à l’âge adulte. On y trouvait des dortoirs, des sanitaires ainsi qu’un parc fermé : « c’était un peu glauque ». La gestion de cet établissement a ensuite été confiée aux services de l’État, au cours du 20e siècle.

Odile de Grandsaignes nous précise également qu’un considérable abattage d’arbres a hélas dû être réalisé sur la ville. La direction des espaces verts a référencé tous les arbres de la ville, et la ville a émis — comme ce fut le cas pour le nombre de logements, lors de la rénovation de Balzac — la volonté de replanter deux arbres pour un. Il faut toutefois noter que les végétaux souffrent de plus en plus de la pollution, c’est pourquoi l’on ne plante plus des marronniers, mais par exemple des chênes.

Dernière étape au centre de collecte pneumatique

Ayant déjà réalisé cette visite, j’ai préféré m’entretenir avec des Vitriots qui ne souhaitaient pas réaliser cette dernière étape du parcours.

Attribution des images: Christophe Jaubert / DR, Sarah Benamar / DR, © Société du Grand Paris – Benjamin De Diesbach.

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2e Vitryrama 2017 — Projets et travaux sur la RD5
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2e Vitryrama 2017 — Projets et travaux sur la RD5
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Au menu de ce second Vitryrama : travaux sur la RD5, square Beethoven, fouilles archéologiques et terminal de collecte pneumatique.
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Libérons le potentiel de Vitry-sur-Seine
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